En cette rentrée littéraire foisonnante, un petit article dans Le Monde 2 de cette semaine nous rappelle toutes les erreurs d'appréciations que même les plus grands éditeurs ont pu faire dans le passé. On apprend ainsi que le grand éditeur américain Alfred Knopf n'a pas été convaincu par Nabokov, Anaïs Nin, etc. Que Gide a refusé A la recherche du temps perdu, ou Einaudi Si c'est un homme de Primo Levi. Bref, des erreurs de jugement que d'aucuns qualifieraient de monumentales.

Bon, est-ce vraiment surprenant ? Non, à bien y réfléchir puisque la littérature n'est pas une science exacte (encore heureux !), et que chaque éditeur revendique sa part de subjectivité bien naturelle.C'est ce qui nous permet d'avoir cette foison de romans variés et différents.

La leçon pour tous les écrivains en herbe est donc double à mon sens :

1/ ne pas se décourager des premiers refus - il y en a toujours. Et certaines fois, votre manuscrit n'a pas été lu - ce qui fait enrager.

2/ ne pas hésiter à envoyer à plusieurs éditeurs de taille variée. Comme on l'a déjà expliqué : les gros éditeurs reçoivent beaucoup de manuscrits, et sont donc enclins à les traiter plus rapidement qu'un petit éditeur qui peut vouloir essayer de lire tout ce qu'il reçoit.

Bon, et pour vous rassurer, sachez que, plus près de nous, les erreurs demeurent légion. Ainsi, la Horde du Contrevent d'Alain Damasio a été refusé au départ par tous les éditeurs de SF français, avant de devenir l'un des grands succès d'édition dans le genre de ces dernières années. Comme quoi...